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LA REFORME (III)
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Mais François 1er que sa haine de Charles Quint rend versatile, oscille entre le Pape et les Princes allemands. Allié cette fois avec les protecteurs de LUTHER, il ne souhaite pas multiplier les exécutions. Une nouvelle période favorable aux réformés s'ouvre alors. Le Roi lui-même assiste à des prédications qui vont dans le sens des idées nouvelles. Il se peut qu'il ait pensé à la possibilité d'éviter totalement de la tutelle papale, comme l'a fait Henri VIII en Angleterre. Il réclame un concile. En 1533 il fait venir à la cour GÉRARD ROUSSEL, un des prédicateurs modérés du groupe de Meaux. La Sorbonne lui interdisant de prêcher dans les Eglises de Paris, le Roi lui accorde le LOUVRE. Succès total On accourt de partout pour y assister. Noel BEDA qui vient par ailleurs de condamner l'ouvrage de Marguerite de NAVARRE, le " Miroir de l'âme pécheresse", mobilise les prédicateurs et tente de pousser le peuple de Paris au soulèvement. La fureur du Roi est totale . Il fait déférer les coupables devant le Parlement le 16 Mai 1533 et fait exiler ou enfermer un certain nombre de meneurs dont Noël BEDA..

LES DEBUTS DE CALVIN

En faisant arrêter Noël BEDA dans sa chambre du Collège de Montaigu, puis les auteurs de pamphlets contre sa sœur dans celui du Collège de Navarre, François 1er prend le risque de voir toute l'Université se soulever contre lui. Il n'en est rien grâce au nouveau recteur de l'Université, Nicola COP, un humaniste, un modéré favorable aux idées des Bibliens. Son discours en faveur du Roi calme les ardeurs des "escholiers" et des Maîtres. L'ouverture de la rentrée universitaire suivante doit traditionnellement etre précédée d'un discours du recteur. Pour le préparer, Nicolas COP fait appel à un de ses jeunes amis, rencontré quelques années auparavant sur les bancs de MONTAIGU. Le jeune JEAN CALVIN a poursuivi et complété ses études de droit par l'enseignement de théologie de ce collège réputé pour son conservatisme. Mais CALVIN n'est pas précisément un conservateur. Le discours d'ouverture proféré par NICOLAS COP est mesuré, mais dans le camp des extrémistes amis de BEDA on tente de le déstabiliser. Deux moines Cordeliers l'accusent d'hérésie par omission de thèmes tels que les indulgences et les oeuvres méritoires. Le discours doit donc être examiné par le Parlement.

RETOUR DES CONSERVATEURS

Le PARLEMENT est saisi. COP s'enfuit et CALVIN qui va être arrêté en fait autant en s'échappant par les toits non loin du collège (la tour existe toujours). C'est qu'entretemps le PAPE a refait son apparition sur la scène politique en France. CLÉMENT VII est venu à Marseille pour donner sa nièce (Catherine de MEDICIS, future Reine de France) comme épouse au fils du Roi. Le Pape a aussi promulgué une bulle contre les hérétiques. Cette fois il lance toute la puissance de l'Eglise contre les Luthériens en organisant des tribunaux ecclésiastiques. Les Maîtres et Théologiens exilés par François 1er reviennent. Noël BEDA est à nouveau à son poste de syndic et ne se prive pas de narguer ses anciens détracteurs. Les prisons se remplissent d'hommes et de femmes accusés d'hérésie.